Tenebres
Posté le 04.07.2008 par loukristie
C’est un rêve impossible qui a planté sa lame,
Tranchant net les regrets, sans qu’un seul le condamne.
Les fantômes insensés de mes chagrins expirent,
Dispersés et brisés, ils gémissent des soupirs.
Il porte l’estocade de son fer aiguisé,
Transperce les ténèbres en les prenant pour cible.
Au creux de la blessure, lambeau stigmatisé,
Coule le sang du bonheur en flots irréversibles.
C’est un couteau étrange que les mains du jongleur
Ont lancé sans y croire dans mon âme sanglotante,
Noyant les songes maussades prisonniers de mon cœur
Sous la poussée superbe de ces vannes suppliantes.
Passionnant amalgame qui fait de ce couteau
Un bonheur sans égal sans même une cicatrice.
Quand je pleurais ma vie au bord du précipice,
Il se tenait déjà derrière le lourd rideau.
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Posté le 30.06.2008 par loukristie
Laissez-moi, mauvais sort, dormir dans mes ténèbres,
Je vous supplie encore, conservez ce silence
Pour m’en faire un manteau aux ornements funèbres,
Aux souffrances des tombes, je préfère l’indolence.
Ils ont quitté ce monde, ces êtres que j’aimais,
Emportant avec eux un peu de ma lumière.
Sort funeste ou mystère, sachez qu’à tout jamais
D’un abîme en mon cœur, ma vie se désespère.
Comment pouvez-vous croire en refermant vos bras,
Que ce voile de pénombre ignore ceux qui restent…
Je me perds dans les plis de vos lourds embarras,
Des tourments épuisés qu’à peine je conteste.
Songez que les poussières que vous fûtes disparaître
Ont laissé dans mes pleurs une aube de souvenirs.
Rien ne meurt, l’espérance que je sais méconnaître
S’endort à mes côtés pour mieux me retenir…
Posté le 24.06.2008 par loukristie
Nous sommes des navires lourds de nous-mêmes, Nous débordons de mensonges, de secrets, de tourments, d'amours mortes et de portes fermées. A la proue de ce navire, l'eau noire se soulève, nous refusant à jamais la lumière du voyage.
Des navires sans rivage...
Posté le 23.06.2008 par loukristie
Douleur sourde qui gronde, prisonnière rugissante,
Captive de mon être, comme le noir de l’abîme,
Elle renaît dans ma chair en lames gémissantes.
Est-ce l’absence qui se noie, dont les cris enveniment
La blessure existante tendant ses doigts de braise,
Ou un démon vivant issu de sa fournaise ?…
Elle prend parfois le masque d’une infâme parodie,
Recueillant à l’envi les fleurs de l’insomnie.
Sur son fuseau avide, s’enroulent les cernes sombres..
Nul moyen de lutter dans cette folle spirale,
Tout au fond de mon ventre, elle tisse sa pénombre,
D’invisibles aiguilles en étoiles spectrales.
Dans un sursaut ultime, je détache une à une
Les lianes enchevêtrées de ces peines importunes,
Et sur cet horizon soudainement rouvert,
Moi, rêveuse nocturne, je brûle ma colère…
Posté le 11.06.2008 par loukristie
Viens donc de tes rayons tremblants et voluptueux
Verser sur mes aurores les caresses délicates,
Étoile de solitude, berceau majestueux
Où je naquis un jour d’un pinceau écarlate.
Voilà ton héritage :
une âme solitaire,
Recherchant les poisons pour qu’ils me réconfortent,
Et les ombres glacées, refuge involontaire,
Afin de savourer tout ce qu’un feu m’apporte.
Solitude, tu me berces et aussi me tortures…
Quand je deviens éclipse sortant de la noirceur,
Suis-je un être égaré ou une folle imposture ?…
Solitude,
Ton étoile périra une nuit en silence,
D’une aiguille qu’un amour glissera dans mon cœur,
Et tu t’endormiras, invisible présence…
Posté le 28.05.2008 par loukristie
L’absence attise parfois ces
âmes solitaires,
Qui voient dans leur miroir des ombres de tristesse,
De ces rubans infâmes aux griffes involontaires,
S’accrochant à leurs cœurs sans nulle délicatesse.
Car elles courbent l’échine, subissant sans répit
Les affres trop funestes d’un désert assoupi,
Attendant de quitter leur
berceau de tourments,
Ces peurs si
familières tel de fidèles serments.
Elles s’embarquent, passagères d’un voyage au long cours,
Se croiseront peut-être sans même se reconnaître,
Guettant fiévreusement de futiles secours,
En refermant les yeux sur l'écho de leur être.
Enfer ou ciel, qu’importe la fin de ce voyage,
Que deux de ces âmes sœurs emmêlent leurs regards,
Et le rêve jaillira, embrassant leurs visages,
Sur la toile de ce monde, entre amour et hasard…
Posté le 27.05.2008 par loukristie
J’ai ouvert les nuages,
comme un rideau de scène,
Et joué sans tristesse telle une fière comédienne,
Le vieux rôle du bonheur, à chacun de ses actes,
Jusqu’à y croire parfois, à ce jeu inexact.
Quand,
à l’ultime tirade, j’ai refermé les yeux,
Inexorablement, à la fin des
adieux
Revinrent les sanglots, le cœur plombé et lourd,
Comme si les
ovations l’avaient rendu trop sourd.
Quel est ce sortilège qui me fait tant combattre,
Et m’abandonne ainsi,
debout dans ce théâtre,
Un rideau de velours accroché sur mon cœur ?…
Chaque jour après l’autre, devrais-je
rejouer encore,
Entre larmes et sourires cet étrange folklore,
Puisque
ouvrir les nuages ne me rend pas vainqueur…
Posté le 22.05.2008 par loukristie
Et voici que paraît ce si terrible jour,
Vacillant et tremblant de formes et de couleurs,
Quelques minutes étranges, fantôme de contre-jour,
Où le temps n’appartient à aucune pâleur.
Un jour en noir et blanc, reflet de chaque vie,
Ce
damier quotidien, jeu d’échec familier,
Où chaque âme est un pion, geôlier de ses envies,
Sur l’air indifférent d’un trouble balancier.
Nos pas suivent ce
passage, de l’ombre à la lumière,
Sur un vieux pont tremblant en fragile équilibre,
Entre
l’attrait des nuits et
l’aurore coutumière,
Suspendant notre allure pour se sentir plus libre.
Nos vagues se soulèvent, dans le noir ou le blanc,
Retombant en cascades, une symphonie lointaine…
Nos masques tour à tour ne sont plus qu’apparents,
Car vibre ce mélange, ces
caresses incertaines.
Ce n’est qu’un ange noir, portant des ailes blanches,
Une vie sans contours, où s’immiscent les doutes,
Dans ce mélange amer, quelquefois nos cœurs flanchent,
Enivrés de contraires, savourant chaque goutte…
Posté le 19.05.2008 par loukristie
C’est une étrange muse distillant son venin
Bien subrepticement dans les chairs trop fragiles,
Une
intruse si charmante, un flambeau féminin,
Déposant sur chaque être ses essences volatiles.
Elle porte tant de nom,
spleen ou mélancolie,
Que sa flamme sur la peau jamais ne s’éteindra,
Dans les vapeurs troublantes où se
réconcilient
Tristesse et souvenirs sur de semblables pas.
Ô muse solitaire, sous tes rêves chantants,
Quand l’heure voluptueuse résonne dans nos têtes,
Tu jaillis, insolente, et nos cœurs tremblotants
Finissent
à genoux, subissant ta conquête.
Quand enfin le soleil s’immisce dans ce vertige,
Évaporant ce spectre,
la muse enfin s’endort,
Mais son parfum frémit telle une âme qui s’afflige,
Fermée dans le flacon où sommeillent les rermords.
Posté le 17.05.2008 par loukristie
Une nuit où
mon cœur essayait d’oublier
Les
aiguilles affligeantes et les morsures subtiles,
Un
nuage funèbre comme un démon hostile
Vint poser sur ma bouche un baiser singulier.
Damnée le suis-je donc, dans cette étreinte glacée,
Dévoilant à foison les tourments impuissants ?…
En voulant oublier mes émois renaissants,
Me voilà
prise au piège des anges courroucés.
Mais comment ignorer ces cruelles embrassades,
Car dans ce vil nuage vivent encore les
chamades,
Et des
ruisseaux de sang qui me font frissonner…
Je reste tiraillée, pleurante, abandonnée
Aux caresses triomphantes des
ténébreuses ailes,
Chagrins écartelés par mon âme conflictuelle…