Le coeur
Posté le 25.06.2008 par loukristie
A toi ces vers enfin, au serment que j’ai fait
De t’ouvrir grand les bras et d’être là toujours,
À toi l’amie fragile au cœur insatisfait,
Sous tes voiles de silence, je devine tour à tour
Les passions fauves cachées sous les touches du portrait.
Tu veux ton cœur qui bat, les émotions intenses,
Et puis quand tu les as, tu en perds la cadence…
Mêlant larmes et sourires, tes intimes témoignages
Sont les silhouettes étranges de tes envies sauvages.
Mais comment s’échapper sans la clé de la cage ?…
Des rubans de douceur sur tes transports fébriles
Apaisent la chamade qui rythme tes tourments,
Ces spasmes et ces soupirs, et ce manque étouffant
Que tu crées à toi-même dans ta prison d’argile,
Du printemps des regrets aux hivers vacillants.
À toi ces vers enfin, à toi qui sais sourire,
Car tu es cette source jamais désaltérée…
Tout console et délivre, le temps comme l’avenir.
Ne renonce jamais : l’amour démesuré
Que tu portes en ton âme, nul ne peut l’affaiblir.
(dédié à Fanou, ma nouvelle amie au coeur tendre, au coeur fou...)
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Posté le 24.06.2008 par loukristie
Elle perce de quelques notes les
lourds rochers du cœur,
Et laisse s’évader hors de soi les tourments,
Les mensonges infamants que l’on fait à soi-même,
Pour guider cette
musique et ces sourires moqueurs
Au-delà des aurores, son doux balancement,
Qui fait d’une portée une
symphonie suprême.
Musique, lumière sonore qu’on goûte d’une caresse,
Faisant naître en nos corps des flammes et des rayons.
Sur le
miroir des eaux, se trouble la tristesse
Pour faire naître ces arpèges comme une apparition.
Cordages ou corps de femme, semblables gémissements,
Au cœur de l’instrument répond l’écho limpide,
Un murmure, un
baiser, donnés spontanément
Pour faire d’une émotion un voyage splendide.
Musique,
union vibrante renversant les écumes,
Ses élans amoureux bercent les désespoirs,
Changeant les ailes noires, les flambeaux d’amertume,
En mélodies que
seul le silence fait valoir.
Posté le 10.06.2008 par loukristie
Oh toi, qui donnes l’eau tous les jours à la source,
Et la source coule, et la source fuit
Des espaces au vent pour qu’il prenne sa course,
Et le vent galope à travers la nuit
Donne de quoi rêver à moi dont l’esprit erre
Du songe de l’aube au songe du soir
Et qui sans fin écoute en moi parler la terre
Avec le ciel rose, avec le ciel noir.
Donne de quoi chanter à moi pauvre poète
Pour les gens pressés qui vont, viennent, vont
Et qui n’ont pas le temps d’entendre dans leur tête
Les airs que la vie et la mort y font.
L’herbe qui croit, le son inquiet de la route,
L’oiseau, le vent m’apprennent mon métier,
Mais en vain je les suis, en vain je les écoute,
Je ne le sais pas encore tout entier.
J’ai vu quelqu’un passer, un fantôme, homme ou femme...
Mon coeur appelait sur la fin du jour...
Les rossignols des bois sont entrés dans mon âme.
Et j’ai su chanter des chansons d’amour.
J’ai vu quelqu’un passer, s’approcher, disparaître
Et les chiens plaintifs qui rôdent le soir
Ont hurlé dans mon coeur à la mort de leur maître.
J’ai su depuis chanter le désespoir.
J’ai vu les morts passer et s’en aller en terre,
Leur glas au cou, lamentable troupeau
Et leurs yeux dans mes yeux ont fixé leur mystère
J’ai su depuis la chanson du tombeau...
Mais si tu veux que pour d’autres je dise
La chanson du bonheur, la plus belle chanson,
Comment ferai-je moi qui ne l’ai pas apprise ?
Je n’en inventerai que la contrefaçon.
Donne-moi du bonheur, s’il faut que je le chante,
De quoi juste entrevoir ce que chacun en sait,
Juste de quoi rendre ma voix assez touchante,
Rien qu’un peu, presque rien, pour savoir ce que c’est
Un peu – si peu – ce qui demeure d’or en poudre
Ou de fleur de farine au bout du petit doigt,
Rien, pas même de quoi remplir mon dé à coudre...
Pourtant de quoi remplir le monde par surcroît.
Car pour moi qui n’en ai jamais eu l’habitude,
Un semblant de bonheur au bonheur est pareil,
Sa trace au loin éclairera ma solitude
Et je prendrai son ombre en moi pour le soleil.
Donne-m’en ! Ce n’est pas, pour être heureuse
Que je demande ainsi de la joie à goûter,
C’est que, pour bercer l’homme en la Cité nombreuse,
La nourrice qu’il faut doit savoir tout chanter.
Prête-m’en... Ne crains rien, à l’heure de le rendre,
Mes mains pour le garder ne le serreront pas,
Et je te laisserai, me le reprendre
Demain, ce soir, tout de suite, quand tu voudras...
Ô Toi qui donnes l’eau tous les jours à la source,
Et la source coule, et la source fuit
Des espaces au vent pour qu’il prenne sa course
Et le vent galope à travers la nuit,
Donne de quoi chanter à moi pauvre poète,
Ton petit oiseau plus fou que savant
Qui ne découvre rien de nouveau dans sa tête
Si dans son coeur tu ne l’as mis avant.
Vous qui passez par là, si vous voulez que j’ose
Vous rapporter du ciel la plus belle chanson,
Douce comme un duvet, rose comme la rose,
Gaie au soleil comme un jour de moisson,
Si vous voulez que je la trouve toute faite,
Vite aimez-moi, vous tous, aimez-moi bien
Avant que mon coeur las d’attendre un peu de fête
Ne soit un vieux coeur, un coeur bon à rien.
Aimez-moi, hâtez-vous... J’entends le temps qui passe...
Le temps passera... le temps est passé...
Bientôt fétu qui sèche et que nul ne ramasse
Mon coeur roulera par le vent poussé,
Sans voix, sans coeur, avec les feuilles dans l’espace.
Marie NOËL., poète française (16 février 1883 - 23 décembre 1967)
Ce texte magnifique m'a été offert par Mél, ma meilleure amie, mon âme-soeur, qui connaît si bien ce qui parle à mon coeur... Merci de ce bonheur...
Posté le 09.06.2008 par loukristie
Je ne sais pas dire ces mots-là…
Les mots frêles et transis au moment du départ,
Qui naissent dans le cœur et ne passent pas les lèvres…
Les vagues dans les yeux chaque être désemparent,
C’est cette eau qui peut-être laisse les mots sur la grève…
Je ne sais pas dire ces mots-là…
Alors je leur construis un cocon de silence,
Transparent et fragile pour qu’on lise au travers,
Un refuge où s’abritent un peu de nos présences…
Dans les regards croisés un mot parfois se perd.
Je ne sais pas dire ces mots-là…
Je les écris souvent, soufflés dans une lettre,
Recevant en retour l’écho d’une émotion.
Cette même onde en silence rapproche un peu nos êtres,
Comme un fil renouant d’étranges révélations.
Je ne sais pas dire ces mots-là…
Mais ils ne mourront pas, car nos âmes les comprennent,
Je les conserverai, étouffés dans mon cœur,
Jusqu’à ce que le temps doucement nous apprenne,
De ces mots en silence en revenir vainqueurs.
Posté le 07.06.2008 par loukristie
Le sang pulse dans les veines le cri de la
tourmente,
Tempête puissante et vaine d’un cœur qui parlemente…
Il saute, et cogne, et vibre, palpite dans ma chair…
Tracés par les douleurs, s’esquissent ces éclairs,
Au milieu des échos, des
paraphes de lumière,
Signature d’une
cadence qui trouble et s’accélère.
Et ces battements sourds me déchirent et font mal,
Et ces battements sourds doucement me font vivre,
Apprivoisant un peu cet
étrange animal,
Dont les rugissements me surprennent et m’enivrent.
Ils ramènent à mes yeux quelques poussières brûlées,
De celles qui font verser toutes ces
larmes de joie,
Affolante
impatience qui vient me bousculer,
Dans une danse épuisante et dont je suis la proie.
Tel un pâle somnambule au bord du
précipice,
Mon cœur dans ses élans tressaille et puis s’affole,
Emportant le bonheur de croire à d’autres auspices,
Emportant le bonheur dans sa folle farandole…
Il s’apaise lentement, divague puis s’abandonne,
Espère que ses
passions un jour on lui pardonne…
Mêlé à ses cordages,
il garde ses secrets,
Ses silences et ses rires, comme ses moindres regrets…
Posté le 29.05.2008 par loukristie
Vous avez en tremblant voulu
guérir mon cœur,
Avec, en guise d’oubli,
du fil et une aiguille,
Et vos mains attendries ont chassé les rancoeurs,
Comme de mes yeux rougis ces étranges escarbilles.
Vous voilà essayant de
repriser un peu
Les blessures invisibles qu’un autre que vous
A porté à mes chairs en déposant l’adieu,
Avant que vos regards ne me donnent rendez-vous.
Vous rapprochez les bords de cette plaie affligeante,
Et cousez en douceur
d’un ruban de satin
Les
remords, les
vertiges, les peines désobligeantes,
Pour en faire ce bagage oublié au matin.
Vous,
l’artiste prodigieux, de vos mains magiciennes
Naîtra cette cicatrice où sommeille mon passé,
Et les bribes de
votre âme accrochée en gardienne
Sauront pour l’estomper y poser des pensées…
Posté le 14.05.2008 par loukristie
Quel est ce diable qui vit au fond de nos cœurs ?…
Quand nos souffles s’arrêtent, nous restent quelques élans,
Tourmentant jusqu’au soir de
leurs rires moqueurs
La rivière familière des silences nonchalants.
Quel est ce diable qui épuise nos ivresses,
Ces brumes éparses et grises tournoyant dans nos têtes,
Où se fracassent encore les futiles promesses,
Les espoirs mensongers en
éclats de comètes.
Quel est ce diable noir aux ailes de géant,
Dont le tonnerre s’unit aux
orgues de lumière,
Pour faire naître les vagues et les gouffres béants,
Dans nos cœurs prisonniers d’une âme meurtrière.
Quel est ce diable que nous connaissons bien trop,
Tapi au fond de nous, cet ennemi intime,
Que nous haïssons tant car il n’est que l’écho
De nos
désirs cachés, silences illégitimes…
Posté le 09.05.2008 par loukristie
Écoute
sans faiblir ton cœur et ses chamades,
Cet oiseau sur un fil, si tendre et si léger,
Qui un jour leva l’ancre pour des airs plus nomades,
Emmenant avec lui des désirs passagers.
Écoute ton cœur
gémir comme un agonisant,
C’est un oiseau blessé, traînant encore ses ailes,
Dans le creux des mirages et des gouffres malfaisants,
Bec ouvert en un souffle qui tremble et qui
chancelle.
Écoute bien ton cœur
murmurer les secrets,
Les songes à ta porte
que tu ne sais pas voir…
Il connaît mieux que toi les mystères indiscrets,
L’amour que tu veux taire de peur de l’entrevoir.
Mais l’oiseau sur son fil tient ton âme amoureuse,
Et torture de ses plumes tes espoirs endormis.
Dans chaque
battement, une lumière vaporeuse
Disperse les empreintes de tes pires
ennemis…
Posté le 16.04.2008 par loukristie
Cœur triste et familier, hurlant sa cavalcade,
Maudit sois-tu dans les tourbillons de chamade !
J’écoute violons et harpes déchirer de leurs cordes
Celles de ce cœur noir que les soupirs désaccordent.
Tes sanglots, tes tumultes dans une telle dérobade,
Bondissent et s’effraient des prochaines estocades.
Cœur vaincu, qu’es-tu donc sans tentation de lutte
Qu’un vieux roc éclaté, entraîné dans sa chute ?…
Tu cherches le tonnerre, repli de canonnade,
Orgueilleux, sans avouer le mal de l’escapade,
Cœur vibrant, tu trahis nos mélodies tranquilles,
Pour préférer soudain des battements versatiles.
Ironie douloureuse, sur tes lourdes incartades,
Je bâtirai peut-être un voile de sérénade,
Car insatiablement, je vis de ta présence,
Appréhendant parfois cette trouble connivence.
Posté le 15.04.2008 par loukristie
Collision , quand les sons se répondent entre cœur et esprit,
Écho d’un monde glauque aux espoirs décrépits,
Mélopée ironique aux dangereux parfums
Qui s’évade et soudain sournoisement revient.
Collision , révulsion oppressante où glissent les tourments,
Dans l’hostile résurgence des doutes indécents,
Une rencontre improbable de deux soulèvements
Dont les ondes se souviennent d’un trouble évanescent.
Collision des remords inavoués face aux douces tendresses
D’un cœur abandonné par un stupide orgueil,
Ce choc est une brûlure crispée de maladresses
Dont les braises arrachées rappelleront le deuil.
Collision , de ce funèbre enfer allumé dans un cœur,
Caricature tremblante d’un rêve anéanti,
Et d’un vieux paradis dont les rires moqueurs
Réveillent chaque nuit l’amertume engloutie.
(ce texte a été écrit il y a environ 3 semaines, n'y voyez donc aucun lien avec le billet précédent !)