Nouvelle rubrique, nouveau ton… Je veux vous montrer que, même si j’ai des ombres et des idées noires dans la tête, j’ai aussi de l’humour (noir aussi!). Les deux se mélangent, s’équilibrent sans doute, le second aide à faire passer la noirceur de ce que j’ai au-dedans de moi… Parfois ça fonctionne, parfois non, c’est comme ça.
Alors voilà: je viens vous faire partager un peu de mon quotidien, de mon travail, ces quelques moments de folie et de rire qui permettent aussi de vivre. Une autre façon de se dévoiler…
Imaginez que je travaille dans un hôpital de province (qui désire garder l’anonymat…), imaginez que je suis infirmière dans un service de médecine… Ce quotidien n’est pas toujours rose, mais je l’ai choisi, sans regrets encore aujourd’hui, et il y a heureusement parfois quelques facéties comiques, c’est cela dont je veux parler. Mon monde (in?)hospitalier en quelque sorte…
L’hôpital, grâce aux divers et nouveaux plans de restructuration des différents gouvernements et divers ministres de la santé (allez juste un petit peu de politique pour situer, non, ne partez pas, ça ne va pas être long, ne vous endormez pas non plus, je vous ai vu bailler!), n’a plus comme objectif de soigner (et non) mais un simple mot : la rentabilité… L’hôpital maintenant c’est une entreprise ! Et pour rentabiliser, pour diminuer le budget de la santé, puisque tel est le but, c’est pas compliqué (enfin sur les papiers du ministre): moins d’hôpitaux, moins de lits dans les hôpitaux, moins de moyens, moins de personnel, etc. Il n’y a qu’une seule chose qu’on n’arrive pas à faire baisser, vous avez deviné quoi??… Ben les malades pardi… Eux sont de plus en plus nombreux normal, tout le monde vieillit. La santé coûte cher: allons les malades, un peu d’effort, restez en bonne santé, que diable, c’est vrai, vous le faites exprès ou quoi !
Mais d’ailleurs, à vouloir baisser le budget de la santé à ce point, savent-ils, ces ministres, ces directeurs d’hôpitaux, ces administratifs de tout poil, qu’il y a des malades derrières les portes (vous savez, ces portes qu’ils ne franchissent jamais, ou alors le temps d’une photo ou d’un reportage télé)?
Allez, les malades, venez à l’hôpital en bonne santé, c’est mieux, et ça coûtera moins cher ! Et aussi, les « patients », soyez patient, le temps de vous trouver un lit pour vous soigner, une plage horaire pour votre examen, et une infirmière disponible pour s’occuper de vous (et elle le fera quand même avec le sourire, parce qu’en plus elle doit être un peu maso…).
Vous vous souvenez de la canicule de 2003? Là où enfin tout le monde s’est (un peu) rendu compte de ce qu’était de nos jours le quotidien d’un service de soins ou d’urgence… Mais qui s’en souviens? Là où en fait les journaux TV étaient plus intéressés par le nombre de morts (mon Dieu, quel horreur! Oh oui encore…) que par les solutions à y apporter. Là où on a vu quelques personnages politiques effarés (peut-être le mot est un peu fort, non?) de cette situation, alors que depuis des années, c’est eux qui l’ont créée, cette « crise »…
Tout ça pour dire qu’en 2003, à l’époque de la canicule, on manquait cruellement (et mortellement, c’est le mot juste…) de personnel dans les hôpitaux; et bien aujourd’hui, en période « normale », sans « crise », sans canicule, sans congés de vacances, et bien il y a encore moins de personnel qu’avant !! Ça a bien évolué, non?…
C’est pas une blague, ce que je viens de dire. Et si ça vous intéresse, je vous conseille chaudement et vivement l’excellent livre « Histoire d’urgences » aux éditions Le Cherche Midi, de l’excellent Patrick Pelloux, médecin urgentiste à Paris, dont on a vu la bouille justement en 2003 à la télé, et depuis aussi, mais pour la bonne cause cette fois.
Allez, c’est tout pour aujourd’hui, c’était un préambule un peu long, je sais. La suite sera je l’espère plus rigolote…. Cela ne m’empêchera pas de continuer à vous écrire des choses tristes (on ne se refait pas!), ça dépendra des jours, selon que viendra en premier l’humour ou les ombres noires… Car c’est dans la souffrance qu’on écrit les plus beaux textes… Et si mon humour ne vous plaît pas, alors je resterai triste ! Je suis sûre que tout le monde s’y retrouvera…
A bientôt et… portez-vous bien surtout!