A la vie a la mort
Posté le 26.06.2008 par loukristie
Le temps s’égare et va où le
hasard le mène,
Sous son grand manteau noir se terrent des naufrages,
Des sabliers brisés par des mains inhumaines,
Dont les perles d’eaux mortes renferment des
orages.
Aurore ou crépuscule, le temps est cette écume,
Figé entre deux mondes ou
vagabond sans rêve,
Une étrange
prophétie où chaque être se consume,
Meurtrissant les espoirs sur nos funestes grèves.
Le temps se venge et tue l’orgueilleuse nostalgie,
Qui se perd
dans les limbes de nos vastes déchirures.
Il change les amours en de
tristes effigies,
Et,
lassitude aidant, ne garde que les fêlures.
Un animal lancé dans un galop fiévreux,
Voilà ce qu’est le temps,
jamais apprivoisé…
Quand on croit le
soumettre, il devient insidieux
Et fait de notre
mort un chant vulgarisé.
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Posté le 21.06.2008 par loukristie
Durer encore un peu, libre ou prisonnière,
Mais vivre d’éternité, ce qui m’est nécessaire…
Dans ma geôle invisible, deviner cette main,
Qui porte dans sa paume les clés de mon chemin.
Je quête la lumière aussi bien que les ombres,
Chacune me consume, je n’en connais le nombre.
Morsure dans mon sang ou baiser lumineux,
Que j’aime tour à tour ces souffles vertigineux !
Je lance dans l’azur espoirs et rêves mêlés,
Ces flèches de mon cœur que je ne peux sceller.
Au filet de mes yeux, je capte tous ces mots
Que des amis me donnent pour apaiser l’écho.
Écheveau ténébreux, en son centre une flamme,
Qui éclaire, forte et fière, les tréfonds de mon âme.
Les sourires doucement descendent sur les pleurs,
Et je frémis de
vivre, sortant de ma torpeur…
Durer encore un peu, libre ou prisonnière,
Mais vivre d’éternité, ce qui m’est nécessaire…
Posté le 27.05.2008 par loukristie
Si chercher dans les tombes le
secret de la vie
Ne peut rendre vivantes les choses qui ne sont plus,
Alors gardons un peu ce parfum d’infini,
Dans le néant final, l’éveil interrompu.
De pâles métamorphoses en vieilles illusions,
Le
secret de la vie est-il leurre ou raison…
Ce sont les souvenirs que la vie recompose,
Au labyrinthe étrange de la mémoire éclose.
Sans la mort, le poison,
rien ne peut exister,
Nous ne serions qu’un rêve, jamais ressuscité
Derrière une porte close, un monde mystérieux…
En chaque être se meurt une essence incertaine,
Un petit morceau d’âme comme une flamme lointaine.
Le
secret de la vie est au prix des adieux…
Posté le 04.05.2008 par loukristie
Il est parfois des instants
Où l’on a envie de pleurer,
Pour répondre impatiemment
À l’émotion de la vie,
Que l’on est bel et bien seul,
Dans le vertige de l’éternité,
Que l’on est bel et bien seul,
Dans les méandres de la vie,
Mais c’est un privilège que d’être et avoir été…
Posté le 01.05.2008 par loukristie
Ce phare, robuste et fier, rassurante présence,
Un veilleur dans la nuit, fidèle comme un ami,
Tout bruissant de mystères et d’espoirs endormis,
Dissipant les murmures de sa trouble cadence.
C’est un curieux fantôme au cœur du crépuscule,
Qui s’éveille et déchire les sanglots de l’orage,
Puis repousse les démons tout frémissant de rage,
De sa lumière blanche en signaux majuscules.
Écho d’une sentinelle sur els bords de l’abîme,
Que son destin dérive aux confins de la vie,
En apaisant les plaintes répétées à l’envie,
Pour que l’œil garde en lui ses appels sublimes.
Écho qui vient mourir, errance flamboyante,
Ce phare est un miroir, une entité secrète,
Le seul à résister au cœur de la tempête,
Comme une main tendue, puissante et clairvoyante.
Posté le 21.04.2008 par loukristie
Oh n’oublie pas le temps, triste âme solitaire,
Qui porte tes espoirs et recueille tes doutes…
Il dicte ses secondes en lettres involontaires
Pour que les souvenirs l’effeuillent goutte à goutte…
Il danse dans ta mémoire comme un pantin défait,
Il vient hanter les rêves que tu as délaissés,
Mais il t’emmène encore sur ce fleuve imparfait,
Car le temps est une ombre à tes pas enlacée.
Non, n’oublie pas le temps, l’implacable remords,
Qui se noie dans ton cœur et souffle son poison.
Si vivre est une souffrance qui t’apaise ou te mords,
Il ne tient qu’à ton être de fuir cette prison.
Dans les remous hostiles des sentiments maudits,
Savoure un peu le temps, immobile incendie,
Car cette union sacrée trahit la profondeur,
Où se chevauchent encore d’invisibles splendeurs.
Posté le 04.04.2008 par loukristie
Combien de vies encore pour lever la pénombre,
Abolir les obstacles jusqu aux aurores terribles,
Où l’attente recommence dans la course de l’ombre…
Combien de vies encore dans cette vie infaillible…
Précoce monotonie de ce fol anathème,
Qui ensanglante mon cœur de cicatrices blêmes
Puis-je dans cette insondable et froide lucidité
Cueillir les taches rouges des flammes tourmentées…
Combien de vies pour vivre, délivrée des entraves…
Sortir d’une chrysalide pour devenir esclave
Et chaque jour dans le gouffre redescendre d’un pas,
Voici donc le destin de ces parcelles d’âme.
À chacune leur vie et leurs futiles drames,
Dans les terres inondées qui gisent en contrebas.
Posté le 01.04.2008 par loukristie
Nous sommes d’étranges mannequins à la croisée des artifices,
À osciller entre l’espoir et le calvaire des sacrifices,
À assembler nos solitudes pour croire encore aux sentiments,
Jusqu’à respirer les volutes et les fumées des châtiments…
Accroche-toi aux brumes portant les désaveux,
Pour savourer encore les terribles adieux…
Si parfois tu chancelles dans ces nuages sombres,
Je soutiendrai la flamme qui taira la pénombre.
Dans les méandres amers qui reviennent en silence,
Tu emmêles tristesse et l’art de l’existence.
Je ne peux rien y faire, juste réchauffer tes pas,
Et ressentir ton cœur qui bat entre mes doigts...
Tu es seul à savoir les raisons du voyage,
Les peines et les regrets derrière le maquillage,
Je marche à tes côtés sur cette route familière,
Prête à te relever d’une chute meurtrière.
Injustice d’une histoire, ou pâle usurpatrice,
La vie n’est parfois qu’une vieille profanatrice,
Mémoire endommagée dont les bribes recollées
Laissent sourdre des acides avant de s’envoler.
Posté le 24.03.2008 par loukristie
Il m’arrive parfois de ne pouvoir supporter
Qu’une émotion finisse et, laissant à regret
Les souvenirs brûlants à chacun de mes pas…
Mais la valeur des choses est qu’elles ne durent pas…
Ô bonheur si fragile dont j’étais tant privée !
Mais que vaudrait-il donc s’il devait trop durer ?
Que vaudrait l’amour s’il ne pouvait s’estomper ?
Pourrait-il ressurgir et encore m’enivrer ?…
Si l’on tient tant au temps, c’est qu’on doit tant de fois,
Et même jusqu’à la mort, encore le pourchasser…
Les souvenirs frissonnent à l’orée du trépas,
Mais brillent d’une lumière qu’attisent les regrets.
Je sais qu’ici est le meilleur endroit pour être,
Que j’aime tellement mieux à travers les souffrances,
Et que j’aime la vie parce qu’elle doit disparaître.
La valeur de mes nuits ne doit qu’à ces présences.
Que deviendrais-je enfin si je ne pouvais t’aimer,
Et que vaudrait ma peine si d’un simple regard,
Tu ne pouvais d’un rien enfin la consoler,
Car ton retour répond au chagrin du départ…
Posté le 19.03.2008 par loukristie
Silences de la mer sombre, apocalypse étrange,
Des abysses engloutis dans l’ellipse d’un ange.
Silences bien illusoires des rêveurs endormis,
Chassant dans leur esprit les sirènes de l’ennui.
Le
silence absolu, paroxysme du néant,
Espace imaginaire d’où s’évade le temps.
Silences fiers et hautains, au plus haut d’une cime,
Dressé au-dessus des parapets de l’abîme.
Obsession d’un
silence ou sournoise sylphide,
La barque traversant les territoires de l’hydre.
Stratagèmes du
silence aux portes de folie,
La maraude incessante, synonyme de l’oubli.
Silences des sentiments, entre peine et sourire,
Des amours oscillant pour ne rien retenir.
Silences d’un millénaire, tracé page après page,
Dans la mémoire obscure des êtres de passage.
Silences assourdissants des futiles cathédrales,
Au nom des dieux créés et de quel idéal.
Silences avant la chute, au linceul des nuages,
Dans cette morne sépulture que l’on nomme un voyage.
Silences des grands tombeaux et des miroirs vieillis,
Comme un trop long sanglot retenu à l’envie.
Silences au creux des mots, comme un ultime secret,
Entre ces pauvres rimes, que vous reconnaîtrez…